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Oscar Ier
 

Gilet de la vallée de Bethmale
  
Gilet bethmalais détail manche

Vesta en laine burelle (Pastourelle de Campan)
  
Mailles du Val d'Arly

Maille du Val d'Arly
  
Maille du Val d'Arly détail

Elsa Schiaparelli, 1927
  
Gants liturgiques, basilique St-Sernin à Toulouse, XIIIème siècle

HISTORIETTES BIEN DE CHEZ NOUS

COSTUMES FOLKLORIQUES

Le développement des transports et de l'industrie textile et les guerres impériales qui font connatre des pays et des vêtements différents font fleurir les costumes régionaux au XIXème, avec une apogée au milieu du siècle. Ces costumes disparatront avec la modernisation des campagnes, la Première guerre mondiale et l'exode rural. Il semble qu'à part les chaussettes, l'utilisation du tricot pour habiller le corps est rare, et ne concerne que l'homme : la France n'aurait-elle pas de tradition vestimentaire en tricot comme d'autres pays ?

☻ Dans la vallée de Bethmale (Ariège), les hommes portent un tricot très serré pour le rendre imperméable, de couleur écrue et en point mousse, réalisé au début avec des baleines de parapluie ! Les devants comportent des bordures en tissu noir sur lesquelles sont réalisées des broderies (motifs géométriques, fleurs et croix), et les manches sont également décorées de broderies en laine rouge. La légende veut que le style du costume date des années 1600, après le retour de Grèce de Jouanissou, un enfant du pays : couleurs chatoyantes, broderies variées et motifs symboliques anciens rappellent en effet les Balkans (voir photos). Difficile à dater avec certitude, ce costume est mentionné dans les écrits de voyageurs dès 1830, mais avant 1805, non ( http://perso.wanadoo.fr/sigurd/bethmalais/index.htm ). Il existe d'autres légendes concernant ce tricot, mais toutes tournent autour de la Grèce.

☻ En Haute Bigorre (Hautes-Pyrénées), l'homme porte une "vesta" tricotée en laine burelle (de couleur marron) et garnie de broderies (voir photo ). Les devants sont réalisés au crochet, les manches et le dos au tricot en ctes anglaises ; les broderies sont exécutées librement par les femmes avec les restants de laines colorées ayant servi à tisser leurs jupes ( http://membres.lycos.fr/pastourelles ).

☻ En Savoie, l'usage du tricot était très répandu pour la bonneterie mais aussi pour les "mailles", des vestes tricotées avec des points compliqués pour le costume masculin. On trouve ce type de tricot surtout dans le Val d'Arly, dans la région de Chamonix : tricotés en laine "grasse" de pays et aux aiguilles N 2, ces gilets comportent un dos et des manches en ctes 1/1, des devants très travaillés en mailles croisées et un plastron réalisé avec un point fantaisie ou au crochet. Les ctes ainsi que le col sont travaillées en kaki, marron très foncé ou noir, et rajoutées sur le tricot avec des bordures festonnées. Le plastron rebrodé de fleurs ou de feuilles avec la même couleur contrastante est fermé par des boutons de nacre (voir photos). L'histoire veut que des fruitiers suisses de la région de la Gruyère soient venus vers 1850 aider les savoyards à la préparation du fromage : ces fruitiers portaient ces gilets qui ont été reproduits par les savoyardes. Un lien avec des vallées plus lointaines de l'arc alpin, comme le Tyrol, est fortement suspecté ( http://www.pastourelle.net/presentation.htm ).


TRADITIONS DE MARINS

Sur l'le de Groix (Morbihan), encore en 1885, les tricots des marins étaient réalisés en mailles très serrées (tradition pour cette catégorie professionnelle exposées aux intempéries), avec une ancre de marine, des aussières ou encore une bouée de sauvetage comme décoration. C'est malheureusement souvent par leur tricot que les femmes identifiaient leurs maris noyés. Pendant l'hiver, on rapporte que les femmes tricotaient des bonnets de laine, avec un pompon au bout, "pour la drague"


MAILLOTS DE BAIN ET TENUES BALNEAIRES

Les premiers habits de bain sont les sous-vêtements : chemises pour les femmes et braies pour les hommes, imposés dès le XVIème siècle. Le "caleçon de bain" devient obligatoire dans les piscines parisiennes au XVIIIème siècle. Le caleçon, testé par les femmes comme sous-vêtement n'a pas vraiment de succès, elles gardent leur chemise ! Que les hommes portent parfois, notamment les curistes au cours du XIXème siècle.

Les femmes se mettent quand-même à la culotte au cours du XVIIIème, et on verra Hortense de Beauharnais, la fille de Joséphine, reine de Hollande et mère de Napoléon III, dans une tunique et un pantalon en tricot couleur chocolat, pour sa cure à Dieppe en 1812.

Il faut attendre la deuxième moitié du XIXème siècle pour que le costume de bain évolue : pantalon bouffant à l'orientale, souvent doublé d'un jupon avec petite chemise fantaisie. Scandale en 1890, le pantalon remonte et découvre le mollet ! Le pire n'était pourtant pas encore arrivé ! On accuse d'outrage aux bonnes murs la championne olympique de natation, Annette Kellerman, qui ose s'afficher dans un "body" moulant en 1907.

Le début du XXème siècle s'accompagne de changements : Paul Poiret libère la femme de son corset, il devient de bon ton de s'aérer et de faire de la culture physique. Les bains de mer, la bicylette, la marche et les voyages imposent eux aussi des tenues moins contraignantes.

Le maillot de bain s'inspire de nouveau des dessous et non plus des vêtements de ville. Le "une-pièce" se généralise après la Première Guerre mondiale, le hâle devient synonyme de bien-être social : le travail aux champs a régressé, et les "petites gens" arborent aussi un teint pâle qui n'est plus un signe de distinction sociale. Mademoiselle Chanel expose son visage au soleil en 1925 à Deauville, Jean Patou lance en 1927 le premier produit solaire, la fameuse Huile de Chaldée, on commence à exhiber son ventre juste avant les "congés payés" de 1935. En effet, en 1932, Jacques Heim, invente le premier "deux-pièces" (un soutien-gorge et une culotte-short), lAtome. Jean Patou lance le "sportswear" (il habille notamment Suzanne Lenglen), et les premiers maillots de bain en tricot, qui seront tricotés main jusque dans les années 50.

Mais c'est après la Deuxième Guerre mondiale que la bombe éclate : le Bikini (en référence aux essais nucléaires américains dans latoll du même nom), deux triangles cache-seins et un slip retenu sur les ctés par de simples ficelles, 45 cm de tissu, est lancé en 1946 par Louis Réard, ancien créateur de maillots de bain en tricot. Tellement scandaleux qu'aucun mannequin n'accepte de le présenter, tellement scandaleux qu'il est interdit de plage dans le Sud-Ouest par décret communal et que lEspagne, lItalie, la Belgique et les tats-Unis le mettent à lindex. Et tellement scandaleux qu'une inconnue de l'époque, Brigitte Bardot, l'impose au Festival de Cannes en 1953.

Puis le haut disparat, c'est l'ère du topless et du monokini, le une-pièce revient à la mode dans les années 80 et 90 et le bikini dans les années 2000. Le tricot main a définitivement disparu, mais la maille est restée.


LE TRAIN BLEU, CHANEL ET SCHIAPARELLI

☻ Il s'agit d'une opérette dansée en un acte dont la création mondiale au Théâtre des Champs-Elysées a lieu le 24 juin 1924. Que du beau monde réuni à l'occasion pour cette création de la compagnie des Ballets russes de Serge Diaghilev : livret Jean Cocteau, chorégraphie Bronislava Nijinska, la propre sur de Vaslav Nijinski, musique Darius Milhaud, dirigée par Pierre Monteux, rideau de scène Pablo Picasso et costumes Gabrielle Chanel, notamment des maillots de bain en tricot. Le "train bleu", nom du train de luxe récemment inauguré qui relie Paris à Deauville est d'ailleurs complètement absent du ballet

☻ Rien à voir avec le "Train bleu" de la gare de Lyon à Paris ( http://www.le-train-bleu.com/http://monsite-orange.fr/tricot-phosphore/page1/index.html ) baptisé ainsi en l'honneur du Paris-Vintimille (plus de 1100 km de voies !).

☻ Qualifiée par sa rivale, Coco Chanel, "d'artiste qui fait des robes", Elsa Schiaparelli, grand-mère de Marisa Berenson, doit sa notoriété à ses sweaters en tricot ornés de noeuds de cravate en trompe l'il (voir photo). Le musée de la Mode et du Textile lui a rendu hommage en été 2004.


MUSEES ET CATHEDRALES

De nombreux vestiges de vêtement ou accessoires en tricot sont conservés dans nos musées ou expositions, ainsi que ceux du monde entier. D'autres musées exposent des pièces en relation avec l'histoire du tricot ou d'un vêtement particulier. Impossible de tous les lister ici.

☻ Le musée de la Mode et du Textile à Paris ( http://www.ucad.fr/musee_mode_textile.html ) possède des gants jacquard en soie du XVIème siècle, des vestes en jacquard fin XVIème/début XVIIème, et de nombreux éléments du XIXème et du XXème siècles.
☻ L'Ecomusée du Costume savoyard à Sévrier en Haute-Savoie ( http://www.echo-de-nos-montagnes.com/Ecomusee.html ) présente une collection de costumes traditionnels dès le XVIIIème siècle.
☻ Le musée du textile et du peigne en corne à Lavelanet en Ariège, ( http://www.geocities.com/amtpc2000 ) montre les différentes étapes qui transforment les fibres textiles en tissu, tricot, dentelle ou galon de passementerie.
☻ Le musée de la bonneterie à Troyes, situé dans l'Htel de Vauluisant est unique en France : il relate tout ce qui se rapporte à l'histoire du tricot depuis l'Antiquité, et à l'histoire de la Bonneterie Troyenne depuis le XVIIIème avec plus de 5000 articles fabriqués (dont certains vieux de plus de 300 ans).
☻ L'écomusée de Roanne, abrite de puis peu les collections du musée de la maille de Riorges et étudie la création d'un "Textilium".

Les trésors des cathédrales possèdent également de vieux (très vieux) ouvrages en tricot.

☻ Celui de la cathédrale de Sens, où fut célébré le mariage de Saint-Louis, est un des plus riches de France. Il contient notamment une petite bourse (reliquaire ?) en jacquard, datée du XIIIème siècle, avec des paons à face humaine, des fleurs, et des oiseaux.
☻ Le trésor de la basilique St-Sernin de Toulouse possède des gants liturgiques probablement du XIIIème siècle, en soie blanche avec un médaillon (voir photo et http://pmaude.free.fr/Sernin/presentation.htm ).
☻ A Motiers en Savoie, on peut voir des gants blancs brodés, du XVème siècle.
☻ St-Bertand-de-Comminges (Haute-Garonne) possède des gants liturgiques or et pourpre, dans le style espagnol du XVIème siècle.

Tricot-Phosphore
19/6/04